Citation

« Ras-le-bol des écolos » par Maud Fontenoy

51pzymkzd5L._SY300_L’expérience de la mer, de l’isolement en mer, du rationnement, de la sobriété marque. Incontestablement. Elle fait prendre conscience de la manière la plus crue et la plus forte de nos liens et dépendance à cette terre. La conscience que protéger l’environnement est une impérieuse nécessité coule alors de source, ou d’océan pourrions-nous dire!

Quand on pense à Isabelle Autissier qui a pris la présidence du WWF ou à Ellen McArthur qui a créé sa Fondation sur l’Economie Circulaire,on peut aussi évoquer Maud Fontenoy. Pour rappel, Maud Fontenoy est la première femme à avoir traversé l’Atlantique Nord et le Pacifique à la rame et a également réalisé le tour du monde à contre-courant (oui, quand-même…)

A chacun de lire cet ouvrage ou non (2013, 226 pages) mais je rapporte ici l’avant propos que je trouve impertinent, piquant, intéressant. Alors c’est parti!

« Cette fois-ci, on frôle l’overdose! Le discours écologiste qui tourne en boucle, alarmiste et culpabilisant, est d’une autre époque. Ouvrons les yeux…et les fenêtres! Un peu d’air s’il vous plaît. Une crise financière d’envergure touche l’Europe et il est temps de réfléchir à notre avenir. A l’heure où les médias n’ont de cesse de se faire l’écho de la faillite des banques, des dérives financières en tout genre et autres fluctuations de la Bourse mondiale, l’urgence est aussi et surtout de porter un autre regard sur les problématiques environnementales, d’arrêtes les préjugés, les jugements de valeur et les positions trop hâtives. Assez de la caricature! Trop facile, de laisser ces questions « aux autres »; insensé, de ne pas voir dans l’économie verte un moyen de « s’en sortir »; ridicule, le fait d’entretenir la légende consistant à proclamer que l’écologie n’est qu’une question de riches ou de bobos parisiens. Sincèrement, la question n’est plus de savoir s’il faut protéger les gentils papillons ou les mignons dauphins, mais bien de trouver des solutions pour la survie de chacun d’entre nous. La population mondial croît et il va bien falloir nourrir tout le monde. Non, il n’y a pas d’un côté des humains sans coeur qui vivent dans des villes, confortablement barricadés derrière leur béton et de l’autre des pacifistes écolos habillés en hippies qui aiment la forêt en comprennent le chant des oiseaux. STOP. Tout au contraire, il y a partout sur cette Terre devenue petite et fragile sept milliards d’humains qui s’agitent et tentent e trouver leur place au coeur d’une nature de plus en plus sollicitée. Une nature qui n’a jamais autant rendu gracieusement de services à l’Humanité et que reléguons trop souvent au rang de simple distraction pour quelques jours de vacances par an. Nous consommons les milieux naturels comme n’importe quel autre produit vanté en une des magazines sans nous rendre compte que ce sont ces milieux naturels qui nous font respirer, manger survivre le reste de l’année. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, nous ne savons toujours pas comment repeupler les essaims d’abeilles en diminution, comment redonner vie aux millions d’espèces disparues. En regardant mieux, la crise des subprimes dont nous parlent les gros titres du journal de 20 heures n’est peut-être pas si grave.

Comment intégrer au plus profond de nos coeurs que nous faisons tous, humains, animaux, végétaux, partis de la même biosphère, que nous vivons indissociablement avec cette nature qui nous est encore trop inconnue? Soyons honnêtes: nous gaspillons notre environnement, dépensons au-dessus de nos moyens, brûlons aujourd’hui sans état d’âmes les ressources naturelles dont nos enfants auront besoin demain. La corne d’abondance n’existe pourtant pas: un jour le puits, s’il est mal géré, finit par se tarir.

Après Katrina, c’est l’ouragan Sandy qui a ravagé New York. La faut au changement climatique? On n’en a pas la preuve, certes. Mais ce qui est certain, c’est que si on ne baisse pas nos émissions de CO2, si on ne se dirige pas vers une société plus sobre en carbone, la machine climatique nous promet des catastrophes en chaîne et, aujourd’hui, aucune grande ville n’est vraiment prête à y faire face.

Loin de moi, toutefois, l’idée de prôner une quelconque décroissance ou le retour à la lampe à pétrole. en tant que jeune femme, maman, navigatrice pour certains, écolo pour d’autres, amoureuse de notre planète et encore plus du genre humain, ma modeste volonté n’est que d’amener chacun à comprendre qu’il est temps de faire fructifier notre capital, pas celui que nous cachons sous nos matelas, mais ces trésors que notre bonne vieille planète met à notre disposition depuis plus de quatre milliards d’années. Partout à travers le monde, dans l’espoir de nos enfants autant que dans les cerveaux de nos chercheurs, économistes, scientifiques, entrepreneurs émergent des solutions pour qu’écologie rime enfin avec économie.

Depuis plus de quinze ans, après avoir longtemps vécu au coeur de la nature et passionnément observé, écouté, étudié l’environnement dans lequel nous vivons, évoluons pour certains, survivons pour d’autres, je me suis engagée pour la préservation de notre planète. De nombreuses expériences personnelles, tant lors de mon enfance passée en mer que lors de mon enfance passée en mer que lors de mes exploits maritimes, m’ont marquée. aujourd’hui, et chaque jour un peu plus en observant l’océan, baromètre de la planète, je veux prendre mon porte-voix pour témoigner, alerter, pousser à la réflexion, à l’action.

J’ai choisi de m’adresser principalement à la jeunesse, aux futurs décideurs, hommes politiques, chefs d’entreprises, mais aussi à chacun d’entre nous pour insuffler l’envie, le désir, la volonté de faire évoluer individuellement nos comportements. Mon engagement se veut plein d’espoir et d’enthousiasme, en rupture avec l’idée que l’écologie est forcément rétrograde et ennuyeuse.

Pourquoi?

Parce que les idées fourmillent, que la crise sera, j’en suis convaincue, un déclencheur et pour la simple et bonne raison que je crois profondément en l’Homme, en sa capacité d’adaptation, en son intelligence, en son savoir-faire pour inventer, innover, rêver un monde de demain qui lui serait plus profitable. Pour que l’adage de ma Fondation « Sauver l’Océan, c’est sauver l’Homme » ne soit pas vain et parce que, sincèrement, j’en ai ras le bol de m’entendre rabâcher que tout cela n’est que du marketing, une mode de plus, les hallucinations de ceux qui ne veulent pas tuer les carottes et autres inepties qui feraient se retourner dans leur tombe des hommes comme mon grand-père qui m’apprenait déjà toute petite à utiliser du vinaigre blanc pour nettoyer ou à attendre l’été pour déguster des framboises. Comment, donc, se fait-il que nos aïeux trouvaient hors de propos des modes de consommation qui aujourd’hui ne font plus sourciller personne? Que nous est-il arrivé pour que nos enfants, à la question « elle vient d’où l’électricité? », nous répondent inlassablement « de l’interrupteur »? Nous nous éloignons de nos origines. L’essentiel se mélange au superflu. La course au progrès n’a pas toujours le sens souhaité.

Les questions environnementales sont pourtant plus au coeur de notre quotidien que nous le croyons. Alors, ne laissons pas quelques mouvements sans nuance résumer notre avenir à un combat contre la croissance. Assez de discours politiques écolos qui ne répondent trop souvent qu’à des ambitions personnelles! Certaines lois de la communication nous échappent et les craies problématiques sont laissées de côté. L’écologie, l’aspiration de voir nos enfants naître dans un monde plus durable ne peuvent se résumer à une guerre partisane qui pousse à la division, au conflit, à la caricature.

Alors qu’importent les bruits de cour et autres prises de paroles déraisonnables, le développement durable progresse, des milliers d’initiatives positives se dessinent, petites associations et plus importantes institutions travaillent main dans la main, une volonté forte de changer les choses poursuit sa route. Nous sommes à la croisée des chemins et nous avons toutes les cartes en main: il n’y a pas de fatalité, à nous de changer de logiciel et d’inventer un projet pour une société plus inspirante, à la fois sobre et prospère.

Ami lecteur, reprenons les rênes de notre avenir, tant de choses sont encore possibles. Les générations futures sont pleines d’envie, d’espoir et d’imagination. Dorment sous nos pieds des richesses inestimables qu’il ne tient qu’à nous de ne pas laisser disparaître. Levons-nous! « Il suffirais que les gens ne l’achètent plus pour que ça ne se vende pas », disait Coluche. Le pouvoir est là! C’est celui de faire le choix d’une vie plus  réfléchie, la promesse d’une existence plus durable et heureuse.

Et si notre avenir dépendait intégralement du Grand Bleu? Bien sûr, vous allez vous dire que je prêche pour ma paroisse! Certes, je suis une amoureuse de l’océan, j’ai vécu plus de temps sur l’eau que sur la terre ferme. C4est donc de ce trésor, réservoir fabuleux de solutions, que je connais bien que je souhaite vous entretenir. Car comment ne pas être particulièrement attentifs à ces océans qui constituent 70% de la surface du globe et fournissent plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons, qui nourrissent plus d’un humain sur deux, régulent notre climat et sont une réserve gigantesque  d’énergies renouvelables, de médicaments et d’emplois?

Nous avons devant nous, non pas encore la planète Pandora du film Avatar, mais bien l’incroyable challenge de construire une société à la fois plus respectueuse de notre environnement et dont le développement économique permettra une vie plus juste pour tous. A l’heure où tout le monde est connecté, connectons nos énergies et larguons les amarres!

Mes aventures à la rame ou à la voile m’ont appris que l’on pouvait réaliser des rêves bien plus grands que nous, alors, ensemble, inventons le monde de demain!« 

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